Jeudi 27 novembre 2008 4 27 /11 /Nov /2008 01:08

A l'heure des annonces de plans de sauvetage du système financier international, il est plus que nécessaire de rappeler les enjeux fondamentaux de l'équilibre et de la justice dans le monde. Dans cet article, nous posons la question : pourquoi nos dirigeants parviennent-ils à  lever des milliers de milliards de dollars et d'euro pour les banques, alors qu'ils n'ont pas levé une seule dizaine de milliard de dollars pour répondre au problème de la faim dans le monde ? Mais avant de tenter de répondre à cette question, voici en 3 points un rappel :

 l'article 25 de la Déclaration universelle des droits de l'homme, adoptée en 1948, stipule que «toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation...»

 Plus de 850 millions d'hommes et de femmes ne mangent pas à leur faim.

 En France, quelques 2, 5 millions de personnes ont recours chaque année à l'aide alimentaire.

 

 

M Antonio Guterres, du Haut Commissariat pour les réfugiés des Nations Unies, lors d'un récent sommet à Bagdad, a déclaré : "Je ne demande pas les mêmes sommes d'argent pour l'action humanitaire que celles qui ont été dépensées, ou du moins mises à disposition, pour sauver le système financier international, mais nous devrions au moins témoigner du même engagement pour sauver les gens que pour sauver le système financier". Son intervention fut relayée par l'AFP, et reprise dans bon nombre de média. Arrêtons-nous quelques instants sur ce fait.

M Guterrez pose une question que bon nombre de personnes se sentant des citoyens du monde se posent en écho. Comment peut-on décemment rendre prioritaire un problème ponctuel, celui de la crise financière et économique que nous traversons, et ignorer depuis des années un problème endémique : celui de la pauvreté et de la faim, si ce n'est par cynisme ? Il est nécessaire de répondre aux besoins de la stabilité économique dans le monde, en s'attaquant au premier chaînon de la question : la pauvreté. Les bulles financières et les questions de régulation des marchés financiers (qui, comme évoqué dans le post « Plus de régulation sur les marchés financiers : un faux débat » sur ce blog, sont un écran de fumée) apparaissent bien secondaires quand on les met en parallèle avec les 850 millions de personnes souffrant de faim, disette, ou malnutrition dans le monde. Mais c'est toute la question de l'équilibre économique, et donc de répartition des richesses, qui est posée (voir également le post « La famine on s'en fout, sauvons plutôt les banques » sur ce blog).  

 

Pourquoi voit-on des paysans dans des régions agricoles africaines, asiatiques, d'Amérique latine, d'Europe,  censés nourrir la planète, ne pas être en mesure de se nourrir eux-mêmes, sauf peut-être, dans les régions riches du globe seulement, à la condition d' être subventionnés ?

 

Dans un entretien paru dans le supplément économie du Monde, le 13 juin 2002, le prix Nobel d'économie Amartya Sen, donne des éléments de réponse.

En premier lieu, il précise que la faim n'est pas forcément liée à la production alimentaire, mais avant tout à la pauvreté. Il donne pour preuve la chute du prix des denrées de première nécessité de plus de la moitié de leur valeur par rapport aux denrées non alimentaires, avant de connaître, au 1er semestre 2008, une hausse soudaine et brutale, sur laquelle il nous faudra revenir dans un prochain post. Ce qui restreint la demande alimentaire est la baisse ou l'absence, de revenu, explique M Sen, qui note en outre que les graves crises alimentaires surviennent essentiellement dans les pays non démocratiques. En effet, l'existence d'une opposition politique nécessiterait une réaction d'un gouvernement en place qui se sente responsable, et obligé d'agir dans le sens d'une améioration des conditions de vie de la population, pour rpévenir le risque de destitution.

 

Les pays riches installés dans des systèmes démocratiques pourraient cependant faire beaucoup pour  remédier au problème de la faim dans le monde, en cessant de soutenir des régimes totalitaires, en Afrique notamment, ou toute partie du globe où les enjeux géostratégiques (ressources naturelles) dictent le plus souvent les politiques étrangères. Autre politique incriminée : le protectionnisme. La faim est bien souvent la conséquence d'un manque de revenus. Or les pays riches tendent à restreindre l'accès sur leurs marchés aux produits en provenance des régions pauvres.

 

Amartya Sen souligne encore qu'après les attentats du 11 septembre 2001, on a vu se construire un réseau de collaboration inter-états pour lutter contre le terrorisme. Mais existe-il un équivalent pour lutter contre la pauvreté, l'analphabétisme, et la faim dans le monde ? Pas à notre connaissance.

 

La libéralisation des échanges

 

Pour Amartya Sen, « il ne faut pas mener une politique à partir de simples slogans ». Si certains pays, comme la Chine, ou la Corée du Sud, ont tiré parti de la libéralisation des échanges, il faut rappeler que ce n'est pas sans avoir au préalable passé par une phase de protectionnisme sur le plan intérieur. Nous pensons pour notre part qu'une libéralisation des échanges ne peut avoir lieu sans conséquences désastreuses entre acteurs qui ne sont pas égaux en force économique et de production. Ceci ne peut conduire qu'à une dégradation des termes de l'échange, et un accroissement des inégalités nord/sud.

Pour reprendre les terme de M Sen, « la question exige que soient prises des mesures politiques qui encouragent l'instauration et la consolidation de gouvernements démocratiques, avec un soutien à des élections multipartites, des débats publics ouverts, l'élimination de la censure de la presse (...) ».

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Dimanche 23 novembre 2008 7 23 /11 /Nov /2008 15:32

Source : Au-delà de la transparence de l’information, contrôler la liquidité, par André Orléan, revue Esprit de novembre 2008

 

 

Dans cet article, André Orléan (1) fait un premier constat : celui du mimétisme des marchés financiers. Si les titres adossés aux crédits hypothécaires immobiliers permettaient des rendements à des taux inégalables et rapidement, l’inconséquence, sur les marchés financiers, aurait été de ne pas suivre le mouvement. Ce que relève en outre André Orléan, c’est le poids des média dans la réflexion actuelle sur l’idée d’une plus grande régulation des marchés financiers. Le martèlement ou la reprise de cette idée étoufferait le véritable débat. En effet, la question ne serait pas de réguler un marché qui est déjà fortement réglementé. Cette idée servirait d’ailleurs d’écran de fumée pour masquer la pauvreté intellectuelle du débat. Rappelons que le système financier tel que nous le connaissons aujourd’hui est le fruit d’une politique normative hautement théorisée. Il s’agit de la politique de la concurrence.

 

 

André Orléan remet donc les points sur les i. « On parle beaucoup [de la dérégulation] sans que personne ne se soucie jamais (ou rarement) d’expliciter quels sont les principes de régulation à mettre en œuvre. » Pour cela, il reprend la pensée de Michel Foucault dans Naissance de la biopolitique, Cours au Collège de France. « la concurrence pure ne peut être que le résultat d’un long effort (…). La concurrence pure ça doit être, et ça ne peut être qu’un objectif, un objectif qui suppose, par conséquent, une politique indéfiniment active. La concurrence, c’est un objectif historique de l’art gouvernemental, ce n’est pas une donnée de nature à respecter. »

 

 

 

La théorie régnant dans le système capitaliste classique est celle de l’efficience des marchés. Autrement dit, les marchés boursiers sont à même de donner les meilleures évaluations de la valeur des titres, car ces évaluations intègreraient toutes les informations disponibles. Nous savons que ceci est faux. Néanmoins, cette conception n’est pas aujourd’hui remise en question, bien au contraire. En effet, elle se retrouve directement appliquée aux bilans comptables des banques dans le cas qui nous intéresse, celui de la crise financière. Les normes comptables sont telles que l’ évaluation des bilans doit se faire en conformité avec les prix du marché. Puisque les marchés financiers sont à même de dicter la valeurs des titres, quoi de plus normal que ce soit cette valeur, précisément, qui figure aux bilans comptables ? C’est une conséquence directe de la théorie de l’efficience des marchés.

 

 

La finance néo-classique

 

Cette théorie de l’efficience des marchés est un paradigme à la fois politique, économique, et intellectuel. Dans cette optique, la spéculation véhicule une valeur positive : c’est ainsi que l’information forme le prix. Elle a, selon la conception néoclassique, un caractère structurant, et il serait, toujours selon cette conception, aberrant de la remettre en question.

 

 

La position keynésienne

 

 

On a beaucoup parlé de Keynes récemment, parce qu’il est à l’origine d’une pensée qui s’oppose à la théorie de la finance néo-classique. Mais il n’existe pas de construction théorique de la finance keynésienne comparable à la construction théorique de la finance néo-classique. Les références à Keynes relèvent plus de prises de positions idéologiques. Mais c’est en cela qu’elles sont intéressantes : « La spécificité de l’approche keynésienne est de considérer avec méfiance les marchés financiers. Keynes ne croit absolument pas à l’efficience des marchés » explique encore André Orléan dans son article. Selon Keynes, il n’existe pas d’estimation juste des valeurs sur les marchés, car par définition, l’avenir est incertain. La spéculation ne peut avoir de rôle structurant. La seule fonction des marchés, dans cette optique, est de rendre les investissements liquides, c’est-à-dire permettre les investissements sous forme de titres, ceux-ci étant fondés sur des appréciation subjectives. Le rôle des marchés est donc simplement de favoriser l’investissement.

On comprend alors mieux le danger qu’ils représentent. Alors que le capital tangible reste immobilisé, dans les moyens de production, la liquidité des investissements peut facilement se déconnecter de cette réalité tangible. Elle crée des mouvements à la hausse ou à la baisse sur les marchés, indépendamment de la réalité économique. C’est ce que Keynes appelle « le dilemme de la liquidité », et ce qui l’incite à avoir ce regard méfiant et prudent concernant les marchés.

 

 

La fausse question de la transparence

 

Selon les analyses de la crise financière actuelle, les problèmes résident dans l’opacité des titres qui ont été émis à partir des subprimes. Si l’évaluation des risques avait été transparente, cette crise n’aurait pas eu lieu. Faux dit Orléan. Le véritable problème, c’est « la logique d’interconnexion universelle permettant la circulation totalement libre du capital ». Si pour autant la question n’est pas relevée, c’est par défaut d’une alternative intellectuelle capable de remettre en cause le paradigme financier néo-classique. Lorsqu’on nous dit que les titres incriminés qui ont pourri les bilans des banques ont été mal conçus à l’origine, trop opaques, sans visibilité sur les risques, et qu’un peu plus de régulation changera la donne, c’est une vue l’esprit. Toujours dans son article, André Orléan prend pour référence le cas de la bulle internet en 2000. Dans ce cas-là, il n’y avait pas d’opacité. Les investisseurs savaient pertinemment qu’ils achetaient des valeurs technologiques de sociétés déficitaires. A l’époque, ces déficits étaient interprétés comme une marque d’audace, une promesse de revenus à venir quoi qu’il en soit. Même s’il fallait sacrifier 10 valeurs d’un portefeuille pour qu’une seule rapporte, cette dernière recouvrait largement les pertes des 9 autres. Pour se prémunir des emballements boursiers, l’idée au contraire serait de revenir sur cette « interconnexion généralisée » des marchés « qui transforme un choc d’ampleur limitée, les subprimes, en une crise majeure via la propagation du marché immobilier aux marchés des dettes titrisées, puis aux bourses des valeurs, jusqu’au marché interbancaire ».

 

 

 

 

 

La politique de libéralisation des marchés financiers en France

 

La libéralisation a été fortement impulsée par l’action de l’Etat, historiquement sous le gouvernement Bérégovoy en France. L’objectif était d’en finir avec les cloisonnements des marchés, notion primordiale pour comprendre l’extension actuelle de la crise à l’ensemble du système financier. Il s’agissait donc d’un projet politique. Il fallait faire en sorte que le capital puisse être distribué au mieux sur les marchés. Pour cela, il fallait créer un marché financier unique. Il a alors été question de réunir sur les marchés tous les intervenants (banques, fonds, entreprises, états, particuliers), qui auraient à leur disposition tous les instruments financiers (actions, obligations, dérivés, …) et quelque soit la  maturité des investissements : à long, moyen, ou court terme. Pour simplifier : la libéralisation des marchés qui s’est opérée par la volonté politique de l’Etat a fondé la liquidité des investissements, laquelle, aujourd’hui, est au cœur des crises financières.  

 

 

 

 

 

(1) André Orléan est directeur de recherche au CNRS, auteur du Pouvoir de la Finance, Paris, éditions Odile Jacob, 1999. Il a également écrit plusieurs articles pour la revue Esprit sur les crises financières, et le capitalisme financier.

 

 

 

 

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Samedi 22 novembre 2008 6 22 /11 /Nov /2008 01:04

 

1. un conflit national : le régime de Joseph Kabila contre le rebelle Laurent Nkunda

 

En république démocratique du Congo, des combats violents opposent les forces gouvernementales loyalistes, les FARDC (Forces armées de la république démocratique du Congo), armée du régime du président Joseph Kabila,  au mouvement rebelle du CNDP (Congrès national pour la défense du peuple) de Laurent Nkunda. Depuis quelque temps, on aurait également constaté sur le terrain la présence d'agents en uniforme angolais. Il existe plusieurs hypothèses : il pourrait s'agir d'experts en renseignements venus en renfort auprès des forces loyalistes congolaises, ou d'éclaireurs lancés en préparation de conflits. Le régime de Luanda (capitale de l'Angola), serait donc également impliqué dans ce conflit, lequel prendrait ainsi une tournure régionale.

 

2. un conflit régional : l'implication de l'Angola

 

Quel est l'intérêt du régime angolais dans cette participation ? Rappelons que le conflit armé entre le CNDP et les FARDC qui pour le moment se situe dans la zone du Nord Kivu, plus précisément près de Goma, dans l'est de la république démocratique du Congo, se trouve à plus de 2000 kilomètres de l'Angola. En 1998, l'Angola était déjà venu au secours du régime congolais pour soutenir Laurent Désiré Kabila. (Celui-ci fut assassiné en 2001, et ce fut son fils, Joseph, qui reprit le pouvoir). Selon des sources proches de la diplomatie occidentale en RDC, dans le cas du conflit actuel, Kinshasa aurait demandé à l'Angola d'opérer une médiation diplomatique. « Les seuls enjeux militaires suffisent-ils pour expliquer l'implication de Luanda? » demande pourtant le Courrier international. En effet, en 1998, lors de la première intervention de l'Angola, le conflit qui menaçait la RDC était géographiquement bien plus proche de l'Angola.

 

3. redessiner la région pour mieux contrôler le pétrole ?

 

On peut y voir une volonté de Kinshasa de disposer d'une situation de force, avec l'aide de l'Angola, lors des négociations prévues avec le CNDP. On peut aussi penser aux enjeux géostratégiques pétroliers. D'ici 2015-2020, les importations américaines devraient connaître une forte croissance. Un changement de régime à Kinshasa pourrait mettre en place de nouveaux dirigeants, hostiles à l'Angola. Dans ce contexte, le régime angolais pourrait se sentir menacé par une nouvelle donne politique, isolant l'Angola et visant à maîtriser les ressources naturelles de l'ensemble de la région. Il faut aussi rappeler que les relations avec Washington sont ambiguës. Ces relations semblent bonnes aujourd'hui. Pourtant, l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola, l'UNITA, un mouvement rebelle au régime en place, a été soutenu par les Etats-Unis, ce que Luanda n'a pas oublié.

Par conséquent, avec la prise de Goma par le CNDP, on pourrait assister à une accélération de l'implication de l'Angola, par une intervention militaire.

 

4. un conflit ethnique : l'extension du génocide des Tutsis par les Hutus commis au Rwanda en RDC

Il est impossible de dissocier le conflit actuel du génocide qui a eu lieu au Rwanda en 1994. Laurent Nkunda est un ancien général de l'armée régulière congolaise. C'est aussi un tutsi. La ville de Kiwanja, apprend-on dans un article du Guardian écrit par Chris Mac Greal, a été prise au début du mois de novembre 2008 par le CNDP. Les habitants étaient accusés de soutenir des milices hutues. Les combats auraient été provoqués par un assaut des Maï-Maï, une milice de la région, et par les extrêmistes hutus du FDLR, le front de libération du Rwanda qui ont fui leur pays après y avoir commis le génocide des Tutsis.

 

 

5. une catastrophe humanitaire

Avec l'avancée du CNDP vers Goma, ce sont 2 millions de personnes qui ont dû fuir leur lieu de vie. A Kiwanja, ancien fief hutu, les rebelles tutsis de Laurent Nkunda se sont livrés à un véritable massacre des civils, et ont chassé parmi les 35000 habitants les survivants de chez eux. Un habitant, Simo Bramporiki, raconte : « Ils tapaient aux portes. Quand les gens ouvraient, ils les tuaient à coup de fusil ». Cet homme a vu ainsi mourir sous les balles du CNDP sa femme et son enfant. Un autre homme témoigne : « Ils ont tué ceux qui refusaient [de partir] ou ceux qu'ils soupçonnaient d'être contre eux (...) ils ont dit qu'ils m'abattraient su je ne filais pas tout de suite à Rutshuru (...) ».

 

   

6. L'inertie coupable de l'ONU.

 

Bien que la mission de maintien de la paix de l'ONU soit située à proximité de Kiwanja, et bien que son mandat prévoit la protection de la population, elle n'est pas intervenue. Les habitants de Kiwanja qui ont été chassés et forcés de se réfuger à Rutshuru ont traversé des kilomètres, femmes, enfants, animaux, sans protection, en pleine nuit, pour atterrir dans le stade de la ville sans vivres ni eau. Le 10 novembre 2008, Laurent Nkunda affirmait qu'il était prêt à combattre une éventuelle force africaine de maintien de la paix si elle était déployée dans la région. Bien que les casques bleus aient installé leurs postes de combats au nord de Goma, on constate que cela n'empêche pas Nkunda de prendre des positions, commettre des crimes de guerre, et d'avancer, car au-delà de Kiwanja, ce sont ensuite les villages Nyanzale et de Kikuku qui ont été pris. Depuis, d'autres villes ou villages ont peut-être connu le même sort que Kiwanja.

 

Sources :

L'Angola, meilleur allié du régime de Kinshasa, Le courrier international, édition du 13 au 19 novembre 2008.

Une sale impression de déjà-vu, The Guardian, Chris Mac Greal, repris par le courrier international, édition du 13 au 19 novembre 2008B

 

 

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Mardi 11 novembre 2008 2 11 /11 /Nov /2008 14:36

Il y a peu nous parlions encore dans les média des émeutes de la faim. Aujourd'hui, la crise financière et la crise économique qui en découle occupe tous les titres de tous les journaux, de toutes les radios, de tous les JT. Comme beaucoup de citoyens de par le monde, je suis sidérée, et écoeurée de constater l'inertie politique quand il s'agit de venir au secours des populations pauvres et affamées, et à quel point ces mêmes décideurs mobilisent des fonds à hauteur de plusieurs milliers de milliards de dollars ou d'euros, en un éclair, dès lors qu'il s'agit de renflouer des banques, qui, par ailleurs, se sont comportées comme des entités mafieuses, sans traces de leurs transactions, ni sens des responsabilité.

 

Il faut rappeler que l'organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture avait besoins de 30 milliards de dollars pour faire face à la crise alimentaire qui a frappé les pays du Sud voici plusieurs mois. Six mois n'auront pas suffit aux pays riches pour débloquer cette somme. Par contre, en quinze jours, il leur aura été possible, et sans tergiverser, de débloquer (quitte à endetter les générations futures, il faudrait être naïf pour croire tout discours politique le niant) 2000 milliards de dollars pour sauver les banques.

 

 

 

Ci-dessous suit le point de vue d'un économiste d'Amérique latine sur l'échec du système capitaliste et la persistance de la pauvreté dans les pays du sud, et sur les raisons de la déroute actuelle de la finance et de l'économie mondiale. En cause : l'exclusion du système économico-légal, et la perte de bon sens.

 

Pour Hernando Soto (1), les pauvres des pays du Sud sont condamnés à la pauvreté car ils ont toujours été dans « l'extra-légalité ». Sans certificats de naissance, titre de propriété de leur habitat ou de leur commerce, sans comptabilité, sans contrat écrit, ils vivent et font malgré tout des affaires et du commerce en dehors de tout cadre juridique. Ici, la parole donnée vaut contrat, les transactions se font de la main à la main.

 

« Les pauvres sont illégaux dans notre monde, voilà le problème », estime-t-ils, après avoir passé des années d'observation sur le terrain. Ce serait ainsi 4 milliard d'humains, plus de la population mondiale, qui serait dans « l'extra-légalité ».

 

Hernando Soto cependant relève que "les pauvres sont plus riches qu'on ne le croit."  L'économiste estime à 9300 milliards de dollars, soit le double de la masse monétaire en circulation aux Etats-Unis,  les biens immobiliers détenus sans titres de propriété dans les pays émergeants et ceux de l'ancien bloc communiste.

 

Hernando Soto veut lancer la « révolution juridique », qui consistera à donner un statut juridique clair aux extra-légaux. En 1980, il fonde l'Institut pour la démocratie et la liberté, qui œuvre à donner des droits à ceux qui, dans le système économique actuel, en sont dépourvus et, par là même, sont aussi marginalisés. Sa démarche a été relayée à l'ONU.

 

Questionné sur les raisons de la crise financière et économique qui secoue actuellement le monde, l'économiste d'Amérique latine évoque l'oubli par l'occident des fondamentaux du capitalisme : « Vous avez  séparé la finance du système de propriété et de biens solidement établis ». Il cite comme preuve  l'incapacité d'AIG à fournir un état des lieux de ses biens au moment de sa nationalisation. C'est donc le flou total des transactions, l'inexistence de registre, celle de valeur réelle, fixée, qui a conduit à une situation déconnectée de la réalité, et à une bulle spéculative.

 

 

Source : interview d'Hernando Soto, économiste péruvien, par Frédéric Joignot, parue dans le Monde 2, supplément de l'édition du Monde du 08.11.2008.

 

(1) Le Mystère du capital, Hernando de Soto, Flammarion, 2005

 

 

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Jeudi 15 mai 2008 4 15 /05 /Mai /2008 23:48

Dans un entretien aux dossiers de la Recherche, Rajendra Pachauri, président du groupe d’experts intergouvernementaux sur l’évolution du Climat (GIEC), et prix Nobel de la paix en 2007 avec Al Gore, évoque l’amélioration des modèles climatiques, l’évaluation économique des efforts à consentir pour maîtriser le réchauffement climatique, les bénéfices qui en découleraient, le développement de nouvelles technologies, et le besoin de changer notre mode de vie en vue de l’enjeu climatique.

 

En 2007, le GIEC publiait son quatrième rapport, fondé sur un plus grand nombre de données climatiques, ce qui a permis de « qualifier le réchauffement sans équivoque », indique Rajendra Pachauri. On a constaté que la température globale avait augmenté de 0,74C° durant le dernier siècle, avec une accélération au cours des dernières années. Le modèle climatique le plus probable conclue à une augmentation de la température globale située entre 1,8 et 4 C° d’ici à la fin du siècle. Les paramètres qui entrent en ligne de compte dans cette évaluation font état de l’incertitude de l’évolution de la croissance économique, de l’évolution des technologies, et des variations des niveaux d’émission.

 

Les hypothèses et constats du rapport :

 

Le climat :

- Tout en considérant les facteurs naturels, tels que l’activité solaire, entre autres, il est clair que le réchauffement climatique qui a eu lieu au cours des 50 dernières années est très probablement causé par les activités humaines.

- On observe un accroissement des phénomènes climatiques extrêmes : sécheresses, inondations, augmentation du niveau de la mer.

 

L’évaluation économique :

-Le coût de politiques de réduction des émissions serait faible : 3% du PIB mondial d’ici à 2030 pour rester sous le seuil des 2,4C° de hausse de la température globale.

- Les bénéfices concernant la santé publique, l’indépendance énergétique, la réduction des coûts causés par les pollutions locales, rendrait cet investissement négatif. Autrement dit, comme le souligne Rajendra Pachauri : « Les affirmations selon lesquelles agir contre le réchauffement se traduirait par des pertes économiques et des destructions d’emploi sont ridicules ».

 

Les incertitudes restant :

 

- Dans son travail de collecte, le GIEC manque de données régionalisées concernant les conséquences du réchauffement. Ceci est un handicap dans la lutte contre le réchauffement des zones les plus touchées. Créer des compétences en matières de collecte de données et de modélisations climatiques dans les pays concernés reste un chantier à mener.

 

 

« Je trouve très inquiétante l’ampleur des dégâts prévus : baisse de productivité agricole, dommages aux régions côtières, aridité croissante de certaines régions très peuplées comme la bassin méditerranéen… il n’y a pas vraiment de seuil minimal en deçà duquel le réchauffement serait sans conséquence ; tout dépend de la région que l’on considère. Dans certaines zones de la planète, les impacts sont déjà sensibles(…) » Rajendra Pachauri.

 

 

- Certains chercheurs annoncent la disparition des calottes glacières du Groenland, et celle de la péninsule Antarctique dans une cinquantaine d’années. Le GIEC dans son rapport, sur ce sujet, n’a souhaité ni infirmer ni confirmer.

 

 

Les pistes à explorer et solutions à apporter :

 

- un accord mondial de réduction des émissions, M Pachauri évoque le principe de permis d’émission, tel que celui qui commence à s’appliquer en Europe

- de nouvelles réglementations favorisant les technologies émettant moins de gaz à effet de serre

- soutenir les recherches allant dans le sens d’une réduction du réchauffement de la planète qui ne trouvent pas de financement actuellement

- un changement dans nos modes de vie

 

 

« Il me semble qu’il y a des changements à faire dans notre alimentation, trop carnée, dans nos modes de transports, dans notre façon de consommer. On me dit souvent que les changement de mentalités seront forcément lents, mais ce n’est pas vrai. Dans certaines situations, comme en temps de guerre, les gens changent vite », Rajendra Pachauri

 

 

 

 

 

 

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Source : les dossiers de la recherche, le défi climatique, maîtriser le réchauffement, mai 2008

 

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Vendredi 9 mai 2008 5 09 /05 /Mai /2008 03:26

 

Bagdad,

la zone verte – une cible hautement stratégique et symbolique

 

La zone verte, ou quartier sécurisé de Bagdad a été ébranlée fin mars 2008 par des tirs de roquettes. A Bassora, des combats ont éclaté – une provocation ciblée pour ébranler le gouvernement irakien, et mitiger le bilan de la politique anti-terroriste des Américains. La zone verte s’étend sur 7 km2 ; c’est ici que les forces armées américaines et alliées ont leur quartier général. Jusqu’ à ces derniers jours de mars 2008, la zone verte, ou « zone internationale », était réputée être l’endroit le plus sécurisé dans un pays ravagé par la terreur. Un endroit où l’on trouve piscines, parcs, la paix, jusqu’en ces derniers jours de mars 2008, un luxe, en somme.

C’est dans ce quartier que Saddam Hussein avait fait ériger son palais, dans une boucle du Tigre, un endroit stratégique. C’est de cet endroit que le pays est encore dirigé aujourd’hui. L’accès à l’endroit est toujours sévèrement contrôlé et réservé.

Derrière de hauts murs de béton, l’endroit abrite des dizaines de milliers de militaires et diplomates qui y vivent et y travaillent. Ne serait-ce que dans l’enceinte de l’ambassade américaine, ce sont 4000 personnes qui y sont installées.

Le nombre d’attaques, début 2008, avait baissé de moitié par rapport aux pics de violence observés en 2005. Pourtant, au début du printemps 2008, on comptait encore 455 attaques dans le pays. Seule la zone dite « internationale » constituait un endroit sûr pour les Américains et leurs alliés non Irakiens.

 

Ces attaques ont désemparé les forces armées américaines : elles provenaient de l’est de la capitale, la zone bastion des milices de Sadr. Visiblement, les tirs de roquettes et de mortiers étaient opérés depuis des rampes mobiles. Une fois les tirs effectués, les rebelles se fondaient dans la population et disparaissaient. Dans ce contexte, les Américains, qui ont dépassé le seuil des 4000 soldats tués, ne pouvaient pas se lancer dans une guerre des rues trop risquée et poursuivre les rebelles jusque dans les habitations. Il faut ajouter à cela le fait que ces attaques se sont produites en pleine visite d’une délégation de députés allemands, censés observer les progrès réalisés en Irak

C’est aussi dans la zone sécurisée que se trouve l’office du premier ministre irakien, Nuri al-Maliki. C’est ici que les plus importants ministères siègent, c’est ici que se sont tenues momentanément les sessions du parlement, dans un ancien centre de congrès.

 

Dans ce quartier vit également le député sunnite Mithal al-Alussi, irakien influent et personnage politique populaire. Alussi était déjà menacé par les services secrets sous le régime de Saddam Hussein. Aujourd’hui, ce sont les brigades de Muktadr al-Sadr qui veulent attenter à sa vie. Alussi tient également les brigades pour responsables des attaques de roquettes et au mortier qui ont eu lieu fin mars 2008 ; selon lui, il s’agit d’une « provocation ciblée ».

Ces attaques ont précédé de quelques jours le compte-rendu fait devant le congrès américain par le général des forces armées américaines en Irak David Petreaus et  le diplomate Ryan Crocker sur la situation dans le pays. L’enjeu : discréditer l’analyse de la situation sécuritaire faite pas les Américains, tout particulièrement au sujet de Sadr et de ses soutiens en Iran. 

 

Il y a cependant un éclairage nouveau à apporter à la lumière des attaques sur la zone sécurisée de Bagdad, un élément significatif dans le conflit opposant rebelles chiites et Américains : le gouvernement irakien du chiite Nuri al-Maliki est,ici, également visé. Pour certains observateurs internationaux, ces attaques auraient même eu pour objectif d'ébranler le gouvernement irakien plus qu’elles n'auraient été destinées à atteindre les forces américaines. Le premier ministre, qui apparaît comme un interlocuteur ouvert à l’influence occidentale, avait en effet déclaré la guerre au fanatisme en général et à Sadr en particulier.

 

Bassorah

 

Le porte-parole du gouvernement irakien, Ali Aldabagh, a déclaré que des forces militaires avaient été dépêchées dans le sud de l’Irak, pour contrer les « terroristes, les bandits, et des éléments étrangers ». Il faut noter que les milices de Sadr font du sud du pays leur bastion. Le porte-parole n’a cependant pas évoqué l’hypothèse selon laquelle ces milices bénéficieraient des renforts en combattants iraniens. 

 

 

Début mars, une  visite du président iranien Mahmud Ahmadinedschad en Irak avait tout de même eu lieu, et a constitué un événement historique. Les deux pays, anciens ennemis, avaient été entraînés dans une guerre, sous l’impulsion de Saddam Hussein, qui aura duré huit ans et coûté la vie à des millions de personnes. A l'occasion de cette visite, il a été question d’une coopération économique à mettre en place entre Irak et Iran, ce qui a suscité la colère de G.W. Bush.

 

 

Bassorah est la seconde ville d’Irak avec une population estimée à environ 2.600.000 habitants. C'est la capitale de la province d'Al-Basra. C’est le principal port du pays. Bassorah est la capitale de la province de Bassorah. La ville est située dans le Chatt-el-Arab, estuaire commun des fleuves Tigre et Euphrate, à 55 km en amont du Golfe Persique et à 550 km de Bagdad, capitale irakienne et plus grande ville du pays.

Le secteur entourant Bassorah jouit de ressources substantielles de pétrole. De nombreux puits de pétrole recouvrent le secteur et la raffinerie de la ville a une capacité de production de 140 000 Barils/jour. La ville a également un aéroport international. Bassorah est une région fertile, avec une production importante de riz, de maïs, d’orge, de millet, de blé, de dattes, et de bétail.

Les musulmans de cette région sont principalement membres du chiisme duodécimain. Un grand nombre de sunnites et un nombre restreint de chrétiens vivent également à Bassorah. Vivent aussi parmi eux les restes de la secte gnostique préislamique des Mandéens.

Source de l’article sur Bassorah (Basra) : wikipedia

http://fr.wikipedia.org/wiki/Basra

 

source : Spiegel online, édition du 26.03.2008

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Mercredi 2 avril 2008 3 02 /04 /Avr /2008 01:07

Fin mars 2008, le Pakistan a un nouveau premier ministre : Yousuf Raza Gilani. Les élections législatives qui se sont tenues en février succèdent à 8 années de domination militaire.

 

Le Pakistan est un pays jeune, qui obtient son indépendance en 1947 ; ses  frontières actuelles ne son définies tardivement, en 1971. C’est un état sous forte influence islamiste.

 

Son histoire est caractérisée par des relations conflictuelles et des guerres avec l’Inde, en meême temps qu’elle est marquée par l’évolution de l’Afghanistan, laquelle a conditionné également la politique du Pakistan. 95% de la population est musulmane, majoritairement sunnite, les Hindous et Chrétiens ne représentant que des minorités, dans un pays de 160 millions d’habitants où l’Islam est la religion d’état, depuis la constitution de 1973.

Des flux de réfugiés musulmans depuis l’Inde et de réfugiés de guerre depuis l’Afghanistan expliquent un très forte croissance démographique. Les 3/4 des habitants n’ont pas accès à l’eau potable, la moitié de la population est analphabète, les trois quarts le sont chez les femmes. Au Pakistan, l’école n’est pas obligatoire.

Selon la constitution, le président du Pakistan doit être musulman. Il est le chef de l’état, le commandant en chef des armées, et garant de la sûreté de l’état. Il est élu par un collège d’hommes pour cinq ans. Le parlement est constitué de 2 chambres : l’assemblée nationale, constituée de 342 députés élus pour quatre ans, et le Sénat, composé de 100 sénateurs élus pour six ans.

 

Les partis politiques :

Le PPP Pakistan’s People Party, fondé par Zulfikar Ali Bhutto

 

La Pakistan Muslim League-Nawaz (PML-N)

 

La Pakistan Muslim League Qaid-e-Azam (PML-Q), proche des militaires

L’ Awami National Party (ANP), également proche de l’armée

 

 

Peu après l’annonce des résultats des élection législatives de février et celle du nom du premier ministre, G. W Bush prenait contact avec le nouveau premier ministre Gilani pour rappeler ce message : que le Pakistan doit demeurer un allié dans la guerre contre le terrorisme. En effet, le gouvernement constitué autour de Gilani comprendra également des représentants de la ligue musulmane conduite par Nawaz Sharif (PLM-N), arrivée en seconde position derrière le Pakistan People’s Party d’où est issu Yousif Raza Gilani. Pourtant, le PPP, parti du peuple de Benazir Bhutto, et la  ligue musulmane PLM-N étaient encore des rivaux acharné dans les années 90. Aujourd’hui, à la suite des élections, ils disposent ensemble d’une majorité au deux tiers au parlement.

Aussi les critiques à l’encontre de Pervez Musharraf se font désormais plus ouvertes. Selon Nawaz Sharif, Musharraf aurait instrumentalisé la lutte contre le terrorisme dans un intérêt personnel pour asseoir son pouvoir, sans en informer à chaque fois le parlement. Les deux partis qui forment désormais le gouvernement de la coalition, dans un cadre de consensus des démocrates, se sont de fait opposés au président Musharraf.

 

Dans un article de l’édition en ligne de la radio d’information allemande Deutsche Welle, l’analyste Thomas Bärthlein fait un point sur le contexte politique qui a précédé les élections, et les défis qui attendent les nouveaux tenants du pouvoir.

D’abord, en rappelant la lutte intestine au sein du parti du peuple pour l’élection en interne du futur candidat ; alors que les observateurs internationaux se sont surtout focalisés sur la lutte de pouvoir qui a déjà commencé à se jouer contre le président Musharraf. Ces dernières semaines, Musharraf est en effet apparu marginalisé sur l’échiquier politique, notamment, suite à la décision de Gilani de libérer les avocats emprisonnés par ordre du Président lors de l’état d’urgence – voir page dédiée sur ce blog – En outre, la question constitutionnelle est posée de savoir combien de temps encore Musharraf peut rester en poste dans ce nouveau contexte.

Concernant les défis qui attendent l’actuel gouvernement, la question la plus brûlante touche à la sécurisation, prioritaire, du pays, dans un contexte où les attentats de kamikazes se sont multipliés.

 

Chronologie partielle :

 

 

1906 : création de la ligue musulmane dans l’Inde britannique prônant à partir de 1940 la constitution d’un état pour les musulmans au sein du sous-continent indien

1947 : aboutissement de la revendication de la ligue musulmane avec la création de l’état du Pakistan,

Emergence de violence accompagnant les mouvements migratoires entre les deux états. Cohérence territoriale malmenée par la séparation de la partie occidentale et oriental du pays par le territoire indien.

Le Bengale, situé dans lapartie orientae du pays, représente plus de la moitié de la population du Pakistan, mais demeure sous tutelle pakistanaise économique et politique

Heurts avec l’Inde concernant la délimitation des frontières.

1947/48 1965 : conflit indo-pakistanais au sujet du Cachemire

1956 : première constitution pakistanaise. Le Pakistan devient un état musulman.

1958 : le général Ayub Khan instaure un régime autoritaire.

Une crise survenant en 1969 l’oblige à quitter le pouvoir.

1971 : la partie orientale du Pakistan proclame son indépendance et devient le Bengladesh, avec le soutien de l’Inde qui fait obstacle à l’intervention pakistanaise.

1973 : nouvelle constitution pakistanaise sous le mandat de Zulfikar Ali Bhutto, candidat et président du PPP élu premier ministre.

1977 : Zulfikar Ali Bhutto est destitué par les militaires pour fraude électorale.

Juillet 1977 : le général Zia ul-Haq qui décrète la loi martiale

1978 :le général Zia ul-Haq devient président

1979 : après sa condamnation, Zulfikar Ali Bhutto est pendu. Le général Zia ul Haq annonce la dissolution des partis

Sous le régime de Zia Ul Haq, islamisation forte du pays :

Création d’une cour fédérale de la Chariah ; le blasphème contre Mahomet est puni de mort. L’assemblée nationale est remplacée par une Majlis i Shoora, conseil auprès du président sans plus de fonction législative. L’arabe et les études islamiques deviennent obligatoire dans les écoles.  Dans l’armée, les théologiens obtiennent le grade d’officiers.

1985 : en réaction, création par le PPP et l’opposition au général, à la loi martiale, et à l’islamisation du pays du Mouvement pour la Restauration de la Démocratie (MRD).

1985 : fin de la moi martiale

1988 : mort du général Zia ul-Haq – élections législatives et victoire du PPP.

Benazir Bhutto, fille de Zulfikar Ali Bhutto, devient premier ministre

Altenance des gouvernements PPP et PLM jusqu’en 1999. Aucun parti n’arrive à régler le problème de l’inflation ni celui du renforcement du fondamentalisme religieux.

1998 : en réponse aux tests nucléaires de l’Inde, le Pakistan mène lui aussi des tests

1999 : reprise des tensions avec l’Inde au sujet du Kashmir

Putsch du Général Musharraf, élu président à partir de 2001

Changements notables dans la constitution :

Politique étrangère dictée par l’évolution en Afghanistan avec l’instauration du régime des Talibans, soutenus par le Pakistan

Après les attentats du 11 septembre 2001 contre le WTC, Politique d’alliance avec les Etats-Unis dans la lutte contre le terrorisme. Réactions de résistance au Pakistan

Stratégie des petits pas avec l’Inde pour aller vers une résolution du conflit au Cachemire, par ex avec l’ouverture de routes entre les pays

Réélection de Muscharraf en octobre 2007 sous condition d’un avis de la cour suprême

Attentat contre Benazir Buttho, de retour d’exil a Karachi

Novembre 2007 : Musharraf déclare l’état d’urgence, élections législatives prévues début 2008, et suspend la constitution, imposant la loi martiale. A Islamabad, les troupes de l’armée envahissent la cour suprême et occupent les résidences des juges et des leaders de l’opposition, dont Benazir Bhutto. Iftikhar Muhammad Chaudry, président de la Cour Suprême, refusant de cautionner l’état d’urgence et le déclarant anticonstitutionnel est remplacé.

L’opposition avec les islamistes radicaux conduit à la prise par les forces armées gouvernementales de la Mosquée rouge

La Cour Suprême nouvellement recomposée entérine l’élection de Musharraf

Décembre 2007 :  assassinat de Benazir Buttho à Rawalpindi

Elections législatives de février 2008 : victoire du PPP, suivi par la PML-N,

Tandis que la PLM-Q proche de l’armée et de Musharraf voit son nombre de sièges diminuer fortement.

Mars 2008 : Gouvernement d’union entre le PPP et la PML-N

 

Sources :

Deutsche Welle,

http://www.dw-world.de/dw/function/0,2145,12356_cid_3216004,00.html, le 25.03.2008

http://www.dw-world.de/dw/article/0,2144,3215826,00.html, 25.03.2008

Spiegel ONLINE, Lexikon, Pakistan

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Samedi 8 décembre 2007 6 08 /12 /Déc /2007 14:54

Sources :

Pourquoi le président Vladimir Poutine est-il si populaire en Russie, par Jean Radvanyi, Le Monde Diplomatique Décembre 2007

J. Radvanyi est professeur à l’INACO, auteur de La nouvelle Russie, nouvelle édition, Armand Colin, 2007

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L’article de Jean Radvanyi, suite à la victoire de Poutine aux élections législatives de ce début décembre, apporte une autre lecture, structurelle, du succès du président russe auprès de la population russe. Un éclairage qui ne se contente pas de reprendre les techniques brutales employées par le Kremlin pour asseoir son autorité, mais qui explique aussi les raisons d’un succès populaire.

 

L’objectif de Poutine est de conforter la Russie dans son rôle de grande puissance. Un rôle mis à mal, comme chacun le sait, après la chute du régime communiste, et après la gestion chaotique du pays dans les années 90. Cette période trouble a vu le pays rongé de l’intérieur, son patrimoine industriel et économique dilapidé dans une tourmente de privatisations et de pratiques libérales sauvages, souvent clientélistes, voire totalement illégales. Il faudrait donc aujourd’hui « achever la stabilisation du pays » avec « l’assentiment de la grande majorité de la population ». L’acceptation de la notion de « démocratie dirigée » (pour ne pas dire bafouée) pourrait prendre tout son sens.

 

 

Le ressort de la dépression de tout un peuple 

 

Sur le plan intérieur

 

Suite aux réformes engagées par Eltsine, l’Etat s’effondre : il n’assure plus ses fonctions, et n’a plus d’autorité. Les régions et républiques ont désormais leurs propres législations, en contradiction avec la législation fédérales, ce qui constituera un terreau fertile pour le népotisme et la corruption, du fait que les dirigeants nomment eux- mêmes les administrateurs clés : douanes, fisc, intérieur.

 

L’état ne contrôle plus le revenu des ressources énergétiques : les bénéfices de la rente disparaissent à la barbe du fisc. On voit se multiplier les cession d‘actifs à des sociétés écrans, via des intermédiaires financiers, dans le cadres des privatisations douteuses sous Elstine (Gazprom, Ioukos)

 

A l’international

 

La tactique américaine à l’égard de la Russie va consister à affaiblir sa sphère d’influence.

Dès le départ, l’offre de coopération faite par les Russes aux Américains suite aux attentats du 11 septembre 2001 est perçue comme un faiblesse des Russes par l’administration américaine. Qui va s’engouffrer dans la brèche. Les Américains vont utiliser l’inhumaine politique russe du traitement du conflit tchéchène, les pressions militaires ou économiques russes sur ses voisins anciennes républiques, notamment par le levier des immiscions dans les processus électoraux (Instrumentalisation de la révolution orange en Ukraine, en Géorgie) ou celui de l’énergie. Ls noyauteront ou soutiendront Eglises, sectes, ONG pour relayer leur action sur place. Le but est de véhiculer de part le monde une image négative, non imméritée cependant, bien que les Etats-Unis recourent aux mêmes moyens brutaux, de Gantanamo à l’Iraq.

 

« Dans ce contexte, les dirigeants russes (…) ont beau jeu de persuader l’opinion de leur pays que les Etats-Unis – avec l’assentiment tacite de l’Union Européenne – cherchent à affaiblir irréversiblement la Russie. » explique donc Jean Radvanyi.

 

La peur du chaos savamment instillée à l’intérieur du pays peut bien être exagérée, si elle justifie une  reprise en main « musclée » de la chose politique. Selon les mots de l‘auteur, « Diverses, souvent brutales, les méthodes utilisées combinent pragmatisme froid et instrumentalisation des disparités. Elles s’inscrivent toutes dans une rhétorique de reconstruction patriotique qui trouve un large assentiment dans l’opinion publique. »

 

 

Les axes de la politique Poutine :

 

1. Contrôler la rente des matières premières

2. Reconstruire l’industrie russe

3. Refonder les institutions dans les régions

4. Construire une majorité politique solide

 

 

Contrôler la rente des matières premières

 

En juillet 2000, Poutine convoque une vingtaine d’oligarque et leur propose un marché : Soutenez l’effort du pays, ne faites pas montre de volontés politiques, et je ne vous poursuivrai pas. Ce marché n’aura pas été accepté par certains oligarques : Boris Berezovski, Vladimir Goussinski, Mikhaïl Tchernoï. La spectaculaire arrestation de Mikhaël Khodorkovski, patron de Ioukos, servira d’exemple, lui qui voulait vendre 40% de sa compagnie pétrolière à Exxon Mobil et se présenter aux élections présidentielles. C’est le début de la réorganisation industrielle qui imposera la prééminence du Kremlin dans tous les secteurs stratégiques : hydrocarbures, nucléaire, armement, nouvelles technologies.

 

Reconstruire l’industrie russe

 

Mais en restant clairement dans un système capitaliste. « Il ne s’agit pas d’une réétatisation ou d’un retour au soviétisme » rappelle Jean Radvanyi car « la majeure partie des entreprises et des services restent privés »  L’enjeu est de bénéficier du retour d’une confortable rente pétrolière pour soutenir une industrie russe performante, capable de rivaliser avec des transnationales américaines ou européennes. Pas sans succès, car en 2006, le pays renoue avec un PIB comparable à celui d’avant 1991.

 

Avec la progression des revenus du pays et la stabilisation du tissu institutionnel, on comprend mieux la popularité de Poutine. Pour autant les bénéfices de la croissances demeurent très inégalement répartis. En 2005, manifestations populaires contre la réforme des retraites défavorables aux couches les plus fragiles de la société. Le creusement des inégalités s’accentue au sein de la population : un tiers connaîtrait la pauvreté (statistiques officielles, on peut donc craindre qu’elles soient minorées). Semble résultat logique d’un système de pouvoir autocratique et d’un libéralisme économique non contraint.

 

 

Refonder les institutions fédérales y compris au niveau régional

 

En mai 2000, le pouvoir œuvre à la nomination de préfets aux prérogatives élargies. Les Présidents de républiques et gouverneurs de régions ne disposent plus de l’immunité parlementaire. En contrepartie, le respect des règles fiscales, budgétaires et lois fédérales est exigé. A partir de 2004, les gouverneurs sont nommés sur proposition du Kremlin. Toujours sur le mode du « marché », des concessions sont proposées, comme pour le maire de Moscou, Iouri Loujkov, avec la promesse de reconduction de son poste.

 

 

Construire une majorité politique solide

 

Via le remodelage profond de l’exercice démocratique, qui au final n’en est plus un. Par exemple, les partis et organisations non gouvernementales voient les conditions de leur enregistrement complexifiées. En effet, on considère que les ONG sont influencées par des discours ou des intérêts occidentaux. La révision de la loi électorale supprime l’élection des députés par circonscription. Or ce mode  permettait aux députés d’être élus, même quand leurs résultats ne dépassaient pas à la proportionnelle le seuil des 7%. Enfin le Kremlin contrôle de la télévision, à tel point que l’ORT n’invite plus aucun représentant de l’opposition sur ses plateaux.

Le recours à l’intimidation, voire la répression des mouvements d’opposition, participe aussi de ce mouvement global d’éviction de l’expression contradictoire, comme ce fut le cas pour le partie L’autre Russie ; Une partie de la jeunesse est embrigadée, avec l’organisation de jeunes mise en place par le Kremlin, les « Nachi », les Nôtres (voir article Les jeunes en rang serré derrière Poutine, (Le Courrier international du 30 août 2007). L’impunité autour des assassinats de journalistes, Anna Politkovskaïa, Iouri Chtchekochikhine, d’administrateurs, d’entrepreneurs démontre en outre, au-delà de la corruption des services de sécurité, qu’il n’y a pas, dans la Russie de nos jours, de séparation entre l’exécutif et le judiciaire. Car il faudrait une présidence forte, une majorité large.

 

L’auteur semble, sans faire preuve de complaisance et sans taire les abus de pouvoirs perpétrés sous la Russie de Poutine, et avant lui d’Eltsine, nous inciter à prendre une certaine hauteur :

 

« Les Russes nous invitent à prendre en compte la difficulté de leur cheminement vers plus de démocratie et la brièveté de leur expérience des réformes, depuis l’abolition du rôle dominant du parti unique en 1988 et l’éclatement de l’URSS en 1991. »

 

 

 

 

 

L’Autre Russie

 

Est une coalition de différents courants politiques d’opposition : libéraux, socialistes, nationalistes, Un dénominateur commun : l’opposition à Vladimir Poutine. Garry Kasparov, le champion du monde d’échec, a été choisi pour représenter le mouvement aux élections présidentielles de mars 2008. Il fut également l’une des trois têtes de listes des élections législatives de décembre 2007.

 

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Lundi 3 décembre 2007 1 03 /12 /Déc /2007 00:40

Sources :

Le parti de Vladimir Poutine remporte les législatives, selon des résultats partiels, le Monde.fr avec AFP er Reuters,

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3214,36-985022@51-972553,0.html

Huit ans de présidence Poutine en 20 dates, Edition en ligne du Monde

http://www.lemonde.fr/web/module_chrono/0,11-0@2-3214,32-977525@51-972553,0.html

 

Vladimir Poutine et les élections législatives de ce 2 décembre 2007

 

On ne va pas prétendre être surpris, mais c’est maintenant qu’il faut crier à l’injustice, à la barbarie, à la violation des droits les plus élémentaires de la démocratie, s’indigner devant la facilité avec laquelle ce monarque tout puissant institutionnalise les passe-droits à son propre profit, en emprisonnant ses opposants, en muselant la presse, en truquant les élections. La loi n’existe plus, la justice n’existe plus, si ce n’est la loi du plus fort, et la justice du criminel.

J’accuse Vladimir Poutine d’être un criminel, un dictateur, un manipulateur.

 

Quelques propos rapportés sur le site du Monde suite aux premiers résultats des élections, donnant le parti de Vladimir Poutine vainqueur :

 

"Ces élections sont bien sûr truquées depuis le début. Beaucoup de forces politiques tant de droite que de gauche en ont été exclues, car elles ne répondaient pas aux critères de loyauté requis", Garry Kasparov, chef de la coalition d’opposition L’autre Russie, candidat emprisonné plusieurs jours pour avoir manifesté (note de la blogueuse : le droit de manifester existe en Russie, mais selon des critères très singuliers qui prêteraient à rire si l’affaire n’était aussi grave : il n’est pas interdit de manifester, mais il est interdit de marcher en manifestant. M Gasparov a omis de rester immobile, raison de son arrestation…)

 

Ce sont les élections les plus malhonnêtes de l'histoire de la Russie (...) des centaines d'opposants ont été arrêtés, 25 millions d'exemplaires du journal du parti ont été saisis", Boris Nemstov, du parti libéral SPS (Union des forces de droite)

 

Ce ne sont pas que les partis d’opposition qui ont relevé ces irrégularités du scrutin, mais également « la plus importante organisation russe d’observation des élections », Golos. Gregori Melkonians, son directeur adjoint, avertit : « Ce ne sont pas des incidents isolés. Les plaintes viennent de toute la Russie ». Golos dispose de 2500 correspondants dans le pays chargés de surveiller le scrutin.

 

Un criminel

 

Pour Vadimir Poutine, une vie humaine ne compte pas.

 

Le naufrage du sous-marin Koursk, en août 2000, avec à son borde 118 marins. Le le refus de l’aide internationale par Poutine, car la Russie est une grande nation qui n’a pas besoin d’aide. Il faudra 4 jours à « l’homme fort de la Russie » pour changer d’avis. 4 jours. C’est 118 hommes et femmes qui meurent.

 

En octobre 2002, un groupe de combattants tchéchènes prend en otage des civils dans le théâtre Nord Ost de Moscou. L’assaut des forces spéciales cause la mort de 117 civils. 117 MORTS.

 

Mais il faut croire que la mort de civils adultes ne suffit pas. Il faut ajouter à cela celle d’enfants. En septembre 2004, un commando de Tchéchènes prend en otage l’école de Beslan, en Ossétie du Nord.  Plus d’un millier de personnes, majoritairement des enfants. La gestion par les forces spéciales russes est un succès : 385 MORTS, dont 189 ENFANTS.

 

J’ajoute les assassinats perpétrés contre la minorité tchéchène, et la politique de violence et d’éradication menée par Poutine dans la région, je compte les haines suscitées par son discours de « l’ennemi intérieur », vendu à la population russe et moscovite en particulier, qui a contribué à l’augmentation de la xénophobie et au actes brutaux isolés et tolérés contre les minorités, dans la droite ligne de cet apprentissage de la haine pour servir des visées politiques.

 

J’ajoute le meurtre « mystérieux » en octobre 2006, « inexpliqué », non élucidé de la journaliste Anna Politkovkaïa, une femme qui a payé de sa vie l’amour de la vérité, le refus de l’inacceptable, qui a dénoncé la politique criminelle de Poutine, entre autre dans son essai Tchéchénie, le déshonneur russe.

 

J’ajoute à la répression aveugle des minorités ethniques celles des minorités sexuelles. Car il ne fait pas bon être homosexuel, ou non « Russe de souche » en Russie, car on se fait casser la gueule et tabasser à mort en toute impunité, car les autorités encouragent le lynchage des gays et lesbiennes, le lynchage des « étrangers », et ne trouvent rien à redire aux initiatives personnelles en la matière. Kondoponga est une ville dans laquelle vivent Russes et Caucasiens. En  septembre 2006, l’ensemble de la population caucasienne est expulsée. Il règne un climat de violence entre les communautés, entretenu on sait par qui. Entre janvier et septembre 2007, 60 PERSONNES MEURENT suite à des violences à caractère xénophobe.

 

Alexandre Litvinenko, ex agent secret, et opposant au régime de Poutine, est assassiné par empoisonnement au polonium 210. Il n’a pas été prouvé si le FSB, ex-KGB avait commandité le meutre, avec ou sans l’approbation de Poutine. Mais ça commence à faire déjà beaucoup de victimes.  

 

Un dictateur

 

Qui emprisonne ses opposants, non que je les trouve tous reluisants mais la question n’est pas là, pour conserver le pouvoir. Qui orchestre dans les pays voisins anciennement républiques satellitaires l’élection d’hommes politiques proches ou favorable au Kremlin et manœuvre (par l’empoisonnement par exemple) pour éliminer ceux qui ne le seraient pas.

 

Ses opposants emprisonnés ou  exilés, tous ne sont pas reluisants, je le pense, et je le répète, notamment lorsqu’il s’agit des oligarques qui se sont enrichis dans les années 90 par les privatisations entourées de clientélisme sous Boris Elstine, laissant le pays exangue. Mais ici, ce qui reste intolérable, c’est le sort réservé à l’opposant ayant de velléités politiques n’allant pas dans le sens des intérêts du dictateur.

 

Poutine lance le chien de chasse de la justice – un instrument de plus, car la justice, qui ne mérite pas son nom, est au garde à vous - pour mettre en accusation et annihiler politiquement ses rivaux oligarques : de Boris Berezovski en 2003 à Mikhaïl Khodorkovski condamné en 2005 et purgeant sa peine – 9 ans pour fraude fiscale et escroquerie - en Sibérie.

 

 

Un manipulateur

 

Qui n’hésite pas à instrumentaliser la « guerre contre le terrorisme », après les attentats du 11 septembre 2001, pour justifier sa guerre interne contre les Tchéchènes indépendantistes,

qui se laisse épingler une distinction, laquelle perd ainsi toute valeur, par le Président français Jacques Chirac, sans scrupules, pour offrir au monde l’image d’un homme honoré dans la « patrie des droits de l’homme »,

 

Poutine n’a rien à apprendre de qui que ce soit en matière de fraudes et d’intimidation électorales. Lors de sa première réélection en 2004, on dénombre déjà, y compris chez les observateurs internationaux, un grand nombre d’irrégularités. Cela n’empêchera pas Poutine de remporter une majorité quasi absolue aux législatives.

 

Tous les médias doivent être à sa botte,en Russie la télévision est une télévision d’Etat, par l’Etat, pour l’Etat. Les médias récalcitrants à s’aligner sont annihilés, détruits, muselés, et l’exemple du sort d’Anna Politkovskaïa n’est sans doute pas pour déranger le manipulateur criminel, qui trouve là un argument convaincant pour désamorcer les tentatives de mise en lumière de la vérité par les journalistes russes. Selon les propos de Marie Jego, correspondant du Monde en Russie « Les gens, à Moscou par exemple, regardent très peu la télévision publique, car elle est redevenue un outil de propagande, comme à l'époque soviétique. 90 % du temps d'antenne, sur les chaînes publiques, ont été réservés au président et à son parti, Russie Unie »

 

Les élections présidentielles de 2004 en Ukraine. Deux candidats : l’un pro-russe, l’autre pro-occidental. Viktor Ianoukovitch et Viktor Iouchtchenko. Le premier aurait remporté les élections, mais là encore, on compte de nombreuses irrégularités dans le scrutin. Iouchtechenko subira un empoisonnement, pas au polonium, lui, mais il sera défiguré et son empoisonnement prouvé. Erreur de dosage ou simple « avertissement » ?

 

Monsieur Poutine, votre place est au fond d’une geôle, au fond de l’histoire, dans la case « rebuts ».

 

 

 

 

 

 

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Dimanche 2 décembre 2007 7 02 /12 /Déc /2007 02:54

 Sources :

 
- Baghdad Comes Alive, Rod Nordland, Newsweek 26 Nov 2007,

- The surge Draws Down, Rod Nordland, Newsweek édition en ligne, mise à jour 24 nov 2007  http://www.newsweek.com/id/72152

- Les attaques ont diminué dans la capitale, mais augmenté dans le nord, interview du chercheur Pierre-Jean Luizard, parue dans Le Temps (Suisse), 23 Nov 2007 (archive à accès payant), l’interview est reprise sur http://guerreenirak.canalblog.com/

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Dans le numéro de Newsweek du 26 novembre 2007, Le journaliste Rod Nordland nous livre la chronique d’un retour au pays en guerre. Depuis septembre, certaines choses semblent s’être suspendues. Depuis le mois d’octobre, il y aurait une accalmie en Iraq. Moins de violences, moins d’explosions, moins d’attentats, moins de morts parmi les troupes américaines, plus de sécurité, à Bagdad.

 

L’amorce d’un retrait de troupes américaines d’Irak

 

Je suis allée sur le site xxtra.newsweek.com pour y lire un article  du même R. Nordland, intitulé « The Surge Dorws Down », où l’on apprend qu’un mouvement de retrait des troupes américaines, promesse faite pas le Général Petraeus en septembre dernier devant le congrès américain, débute. La brigade concernée a commencé à se retirer mardi 27 novembre, le retrait annoncé devant s’achever en juillet 2008 (pour autant, est-il utile de préciser, il s’agit d’un retrait partiel, et non total des troupes). L’annonce a été faite samedi 24 novembre 2007 du retrait de la 3eme brigade de combat des forces US, 1ere Division de Cavalerie, soit 5000 hommes. Les troupes ne seront pas remplacées. La 3eme brigade de combat était stationnée dans la province de Diyala, au nord de Bagdad. Il y aura une relève néanmoins, par la 2eme Division d’infanterie, basée un peu plus au nord, dans la province de Sallahudin. Il s’agit du premier retrait important d’une partie des forces américaines. Diyala est une zone mixte chiite et sunnite – une des régions d’Irak les plus dangereuses. Avec le redéploiement de la 2eme division, ce ne sera pas moins d’hommes dans la région de Diyala, mais plus : 2400 hommes en plus

L’article explique que ce retrait est rendu possible par la combinaison de plusieurs facteurs : l’augmentation des troupes aurait porté ses fruits, les forces de sécurité irakiennes seraient mieux formées et plus efficaces, les citoyens irakiens eux-mêmes se sentent aujourd’hui plus engagés dans l’effort de relative pacification qu’on observe actuellement.

Je tiens mon hebdo Newsweek, je lis les mots de Nordland venus illustrer un air de paix fragile. Les bombes iraniennes, les batailles rangées entre communautés chiites et sunnites, les quartiers vidés de toute mixité, les attentats à la voiture piégée, les explosions, font partie du quotidien. Mais, depuis la mort d’al-Zarqawi, Al Qaïda a perdu son leader en Irak explique Nordland. Donc Al Quaïda aurait perdu du terrain. En temps normal, lorsqu’on revient en Irak, c’est pour voir qu les choses se sont empirées témoigne Nordland. Mais là ça n’était pas le cas. Le nombre d’explosions de bombes artisanales  aurait chuté pour atteindre son plus bas niveau depuis septembre 2004, soit deux fois moins depuis le pic de violence de cet été ; la guerre civile entre shiite et sunnite semblerait observer une trêve. A Bagdad, au mois d’octobre, aucun attentat à la voiture piégée n’a atteint son but, alors que la ville en comptait cinq par jour il y a encore quelque temps. Les boutiques et les marchés sont de nouveaux ouverts jusque tard la nuit. Les enfants jouent au foot dans les rues, les promeneurs redécouvrent les parcs de la ville, on peut dîner le soir en ville dans les mazghouf et y goûter de la carpe grillée pêchée dans les eaux du Tigre. Le zoo a même réouvert ses portes. « Les quartiers de la capitale ont été pacifiés dans une large mesure parce que chacun est maîtrisé par une secte ou une autre avec des dizaines de milliers de soldats américains les maintenant temporairement ensemble (ou bien les tenant à l’écart les uns des autres selon le cas) ». Un millier de mini « zones vertes » sécurisées auraient éclos. Les quartiers sunnites sont plus sécurisés, grâce à l’intervention de groupes civils d’iraquiens, 67000 en tout, payés et armés par le gouvernement militaire américain, pour un coût de 17 millions de dollars, « moins que le coût d’un Apache ».

 

Ameriya

 

Ameriya est un quartier à l’ouest de Bagdad au sein duquel patrouillent ces nouveaux groupes civils sunnites. L’ennemi d’hier est devenu l’allié d’aujourd’hui. Alors que troupes américaines se confrontaient à la rébellion sunnite, qui voyait sone existence menacée après la chute du régime de Saddam Hussein, et la constitution d’une police irakienne essentiellement shiite, américains et sunnites ont amorcé un rapprochement. Ameriya compte 25 000 habitants ; un bon nombre d’entre eux sont d’anciens officiers de l’armée de Saddam Hussein et ont fourni les rangs de l’insurrection. Aujourd’hui, les soldats américains du cinquième bataillon du cinquième régiment de cavalerie patrouillent sans plus craindre de se faire tirer dessus, et son font saluer par les locaux. Le Lieutenant Colonel Dale Kuehl raconte cet épisode improbable ou il a pénétré dans une maison du quartier entourée de sunnites,  insurgés. Kuel se souvient que les choses auraient pu prendre alors une tournure inverse. Le Cheikh Waleed Al Asawee avait alors demandé leur aide aux américains dans une confrontation de ses gens contre les combattants d’Al Quaïda, des shiites qui avait tenté le kidnapping de trop. Désormais, sunnites et américains échangent leurs tactiques et leurs techniques. Autrement dit, si la zone est pacifiée, c’est largement dû au fait qu’elle est quasi exclusivement sunnite. Pour preuve, les sunnites d’Almeriya n’ont jamais autorisé l’implantation de la police irakienne sur leur territoire. Pour autant, la paix relative est aussi le fait du cessez-le-feu respecté par les groupes shiites sous contrôle, comme l’armée Mahdi. L’objectif de la manœuvre est d’enrôler le plus possible de volontaires sunnites dans l’armée et la police irakiennes, et de les maintenir dans leurs zones. Il n’en demeure pas moins que le sentiment de relative sécurité des civils de Bagdad reste confiné pour chacun à son quartier, et que les déplacements dans les zones intermédiaires sont toujours vecteurs de crainte.  

 

 

Le palmarès des zones les plus meurtrières pour les troupes de la coalition :

Salahadin : 62 morts en 2007

Diyala : 117 morts

Anbar : 159

Bagdad : 394

 

Entre 77.333 et 84.250 civils ont été tués depuis l'invasion américaine en mars 2003. D'autres estimations sont plus élevées.

 

 

Pacification relative ou bombe à retardement ?

 

J’ai voulu savoir si cette pacification fragile était réelle. Je suis tombée sur ce site : http://guerreenirak.canalblog.com/ , entièrement dédié à la guerre irakienne. L’intérêt du blog, et c’est très précieux, est d’indiquer le niveau de fiabilité des sources citées. Ainsi une dépêche AFP aura un indicateur de fiabilité élevé, alors qu’une source militaire américaine aura un niveau de fiabilité moyen. Le blog reprend une interview du chercheur au CNRS Pierre-Jean Luizard donné au quotidien suisse Le Temps, qui relativise la portée de cette accalmie, en rappelant que si le rapprochement avec les sunnites semble être la nouvelle orientation de la politique américaine en Irak, c’est en partie sous condition que ceux-ci se retournent contre Al Quaïda, et que, par ailleurs, ce n’est que parce qu’elles sont séparées et protégées derrières des murailles (mais on découvre encore, à Bagdad, une dizaine de corps mutilés chaque jour) que les communautés sont moins en danger. Mais il ne s’agit de rien moins qu’une politique de réarmement d’une communauté, celle des Sunnites. PJ Luizard souligne aussi que toutes les zones ne sont pas touchées par cette accalmie des conflits. Selon lui, « le fait d’armer des groupes locaux est loin d’être une solution ». Il émet des doutes sur la perte de vitesse du réseau Al Quaïda, car la confrontation entre sunnites et chiites, et le réarmement des premiers, va dans le sens de sa stratégie du chaos. Quant aux annonces de  retour de réfugiés irakiens, cela ressort à de la propagande que mènent les Américains, aucun retour de réfugiés n’ayant été observé.

 

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Par labetepensante - Publié dans : Géopolitique
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